Sauvetage en Méditerranée : solidarité citoyenne et ouvrière face à la répression d’Etat

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Carola Rackete (31 ans), la capitaine allemande du bateau de sauvetage Sea Watch 3 qui avait recueilli 42 migrants en mer, a été arrêtée vendredi dernier par la police italienne. Après plus de deux semaines de discussion avec les autorités italiennes, Rackete n’avait plus d’autre option que d’outrepasser le blocus des eaux territoriales et d’accoster à l’île de Lampedusa. Avec son arrestation, la criminalisation du sauvetage de personnes en danger de mort atteint un nouveau sommet.

Une pétition pour la libération de Carola Rackete a déjà été signée par quelque 50 000 personnes. Son arrestation a été très largement condamnée par des organisations de défense des droits humains et d’action de solidarité avec les réfugiés. Sea Watch est l’une des dernières Organisations Non-Gouvernementales (ONG) de sauvetage de réfguiés en mer Méditerranée à être restée en Italie. Le navire de sauvetage de Médecins Sans Frontières, l’Aquarius, a quitté la région suite à des intimidations politiques auxquelles l’organisation a dû faire face.

Une pétition pour la libération de Carola Rackete a déjà été signée par quelque 50 000 personnes

Marc Botenga, élu en mai dernier comme député européen du PTB (groupe GUE/NGL) a dénoncé sur les réseaux sociaux « l’inculpation par un ministre d’extrême-droite » de la capitaine Racekete pour avoir « rempli son devoir humain, moral et légal. » Il appelle à sa libération immédiate.

Pour Amnesty International, l’interdiction d’accoster pour les bateaux de sauvetage de migrants en mer décrétée par l’Italie constitue une violation du droit international. Amnesty souligne que l’Italie a, comme les autres États-membres de l’UE, ratifié la convention de Genève (une Convention de 1951 relative au statut des réfugiés), et que le rejet collectif de personnes fuyant leur pays enfreint incontestablement cette convention. Amnesty se déclare inquiet du climat politique en Italie et des attaques politiques constantes sur les organisations de terrain qui aident les réfugiés.

La criminalisation d’ONG et d’activistes défendant les droits des réfugiés et des migrants est en œuvre depuis déjà un bon moment et prend peu à peu des proportions inquiétantes. Dans un récent rapport, la Croix-Rouge internationale fustige l’opposition grandissante aux opérations humanitaires de sauvetage en mer Méditerranée. Il y a ainsi déjà eu des attaques armées contre des bateaux de sauvetage, et en mars 2017, Frontex, l’agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes, a accusé des ONG de collaborer avec des passeurs et d’ainsi mettre des vies en danger.

Les dockers Italiens solidaires avec le Sea Watch

Les dockers du collectif autonome CALP se sont déclarés solidaires avec le Sea Watch et prêts à ouvrir le port de Gênes aux bateaux de sauvetage. Il y a quelque temps, ces mêmes dockersavaient bloqué un chargement d’armes destiné à être embarqué sur un cargo saoudien. Ces armes auraient été utilisées dans l’atroce guerre au Yémen. « Nous pouvons bloquer les ports, mais nous pouvons aussi les ouvrir », ont signifié les dockers dans une déclaration publiée quelques heures avant l’arrestation de Carola Rackete.

À bord du bateau qui voguait depuis environ deux semaines près des côtes italiennes, se trouvaient 42 migrants sauvés lors de leur traversée de la Méditerranée. « Ceux qui sont à la source de la guerre et de la misère siègent au Parlement européen et à la tête d’entreprises européennes. Ces mêmes personnes qui, de Rome à Strasbourg, ont délibérément choisi d’abandonner ces gens à leur sort », soulignent aussi les travailleurs portuaires.

« En tant que travailleurs, nous croyons dans la fraternité et la solidarité internationale »

Les dockers affirment qu’il est de leur devoir, en tant que travailleurs, d’ouvrir le port de Gênes aux personnes en détresse. « Nous sommes de simples ouvriers, mais c’est précisément pou cela que nous ne pouvons qu’appliquer les valeurs fondamentales de la classe ouvrière : la fraternité entre les gens et la solidarité internationale. Ces gens fuient leur pays, ils sont à la recherche d’espoir en Italie et ailleurs et ils sont condamnés à faire le travail le moins payé et à être les plus exploités. Et malgré cela, ceux qui s’enrichissent sur leur dos leur crient : on ne veut pas de vous. »

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