L’UE vient une nouvelle fois de décider de renforcer l’agence Frontex

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L’#UE vient une nouvelle fois de décider de renforcer l’agence #Frontex, le corps des « gardes-frontières européens ». Avec le soutien des partis de droite et des socialistes, et l’abstention des verts – seule la gauche radicale s’est opposée [1].

Le but est de renforcer drastiquement tant l’effectif (10 000 agents) que les missions (interventions rapides dans des pays hors UE, gestion et augmentation des expulsions, encore plus d’autonomie d’action et d’achats de bâtiments militaires, …).

 Le problème c’est que Frontex a toujours été très critiquée pour ses actions à l’encontre des DroitsHumains. Il y a peu le directeur de l’agence s’en prennait violemment aux ONG et aux petits pêcheurs locaux qui sauvent des vies en mer, les accusant d’être des « passeurs ». Des fuites récentes ont d’ailleurs montré que Frontex demande délibérement à ses bateaux de ne pas naviguer dans les zones où il y a le plus de noyades et de ne pas secourir les migrants qui se noient en dehors de certaines zones très limitées (malgré ce qu’impose le droit international) [2].

Pour rappel, la Méditerranée est la route migratoire la plus meutrière au monde. Alors que le nombre de migrants qui tentent la traversée ne cesse de diminuer, les politiques européennes conduisent à une augmentation du taux de mortalité : en 2018, 1 personne sur 18 y perdait la vie [4], presque 2000 vies perdues l’année passée.

Alors comment comprendre cette politique volontairement inhumaine et de renforcement constant d’agences paramilitaires du type Frontex – alors même qu’aucune évaluation n’a jamais été faite concernant son efficacité ou ses violations du droit international ?

C’est très simple, comme nous l’explique son directeur dans une récente interview [3]. Sans une puissante force de frappe aux frontières extérieures de l’Europe, on risque de voir réaparaitre des entraves à la liberté de circulation à l’intérieur de l’UE. Ce qui aurait « un impact économique monstrueux qui se chiffre en millions, même en milliards d’euros ». C’est une logique taillée sur mesures pour l’industrie européenne, qui en 2016 avait déjà conduit l’Allemagne (pourtant si « accueillante » l’année d’avant) à faire adopter le deal entre l’UE et la Turquie (un accord très couteux qui prévoit la rétention et le refoulement des réfugiés, dans le mépris le plus total de la convention de Genève selon laquelle on a tous droit à ce que notre demande d’asile soit examinée individuellement).

Il est clair que cette Europe n’a rien à voir avec de prétendues valeurs, mais est faite pour que ce soit toujours le profit qui décide in fine, à n’importe quel prix humain. Pour une Europe des peuples, c’est tout le logiciel capitaliste que nous devons changer.

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