Chronique d’un petit-déjeuner :: l’histoire de la petite Nora

Ce matin, l’office des étrangers faisait le pont. Donc personne pour recevoir les demandeurs d’asile pendant 4 jours. Les bénévoles d’Amitié Sans frontières continue d’assurer un petit-déjeuner devant l’office comme chaque vendredi depuis 2015.

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On trouve près de la gare du Nord la petite Nora, 11 ans. Ce sont ses souliers bleus qu’on voit sur la photo. Grâce à Chadi, un camarade palestinien, on apprend qu’elle est arrivée seule d’Irak. Nora est ce qu’on appelle une “MENA” (mineure non accompagnée). Ses parents sont morts et sa grand mère, qui a entamé le chemin de l’exil avec elle, est tombée malade en Grèce et y est restée. Sur son t-shirt, un numéro de gsm belge était cousu à la main. On appelle et on tombe sur une femme qui parle à peine français. On finit par comprendre qu’il s’agit de la tante de Nora, réfugiée en Belgique. La dame fond en sanglot et nous explique qu’elle était sans nouvelles de la petite depuis des semaines. Ouf, on a une solution pour Nora, on décide d’aller la conduire chez cette tante et de prendre contact nous-mêmes avec le service des tutelles pour faire le suivi. Les réfugiés mineurs sont encore protégés en Belgique, jusqu’à leur 18 ans où ils risquent l’expulsion. Nora pourra aller à l’école pendant ces 7 ans de répit.


Un peu plus loin, une famille est arrivée d’Afghanistan. Avec deux enfants, de 3 et 5 ans, qui grelottent sous l’abribus. Ils ne parlent que farsi. Heureusement deux jeunes bénévoles de notre réseau Amitié Sans Frontières parlent cette langue et peuvent traduire. L’office des étrangers n’ouvrira que lundi et la famille n’aura pas de solution de logement d’ici là (on appelle le Samu Social qui nous dit qu’ils sont débordés et que de toute manière, il faut rappeler après 17h). Les deux jeunes bénévoles décident de prendre soin de la famille pour le weekend. Ouf…


Et un peu partout, des demandeurs d’asile qui avaient été convoqués aujourd’hui pour leur interview à l’office et qui ne comprennent pas pourquoi c’est fermé… Sans parler des migrants qui dorment dans le parc et qu’on doit informer nous-mêmes qu’il est possible en Belgique d’introduire une demande d’asile, une procédure longue et incertaine certes, mais qui garantit normalement une place dans un centre.

Cette situation dure depuis des années et rien n’indique que cela va s’améliorer. De par le monde, de plus en plus de gens sont jetés sur les routes de l’exil, victimes des guerres, des déstabilisations et du chaos généré par un certain système. Et en Europe les politiques de droite n’ont de cesse de s’attaquer à la solidarité.


Mais pour nous et pour les gens qu’on rencontre sur ce terrain, la solidarité est une évidence. Une solidarité qui va au-delà de la charité. Une solidarité politique, qui naît de la conscience qu’on a tout intérêt à s’unir et s’aider dans nos combats communs pour des droits égaux, contre ceux qui ont tout intérêt à nous diviser. Rejoignez-nous !


www.amitiesansfrontieres.be

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