L’origine des liens entre Schild & Vrienden et la N-VA de Theo Francken

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Le reportage de l’émission Pano de la VRT sur Schild & Vrienden a secoué la Belgique. Dans ce long article, nous tentons d’expliquer l’origine du phénomène Schild & Vrienden, depuis ses liens avec l’alt-right américaine jusqu’aux traditions de la droite nationaliste du mouvement flamand.

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Perturber des actions syndicales, se moquer des enfants affamés en Afrique, humilier les femmes, poser comme Hitler devant la tour Eiffel… La liste des faits et gestes de Schild & Vrienden (S&V), révélée grâce au reportage de l’émission de Pano de la VRT, est effarante. Avec quatre représentants des étudiants à l’Université de Gand, quatre membres au Conseil flamand de la Jeunesse, son propre site d’info Sceptr.be et plus d’une vingtaine de fonctions dirigeantes et de candidats à la N-VA, S&V avait déjà fait un bon bout de la « longue marche sur les institutions » qu’il s’était fixée comme objectif. Pour comprendre ce qu’est S&V et d’où provient ce groupe, il est nécessaire d’examiner son idéologie. Lorsqu’on analyse le discours et les actions de S&V, on observe en effet un certain nombres d’idées centrales récurrentes :

Le racisme. C’est le thème le plus marquant, qui se propage évidemment très bien à une époque où les partis de droite, des États-Unis à l’Europe, veulent faire de la migration LE problème de notre temps. S&V a saboté une action qui avait lieu au château des Comtes à Gand contre la politique répressive de l’Union européenne envers les réfugiés. Il n’a cessé de marteler sur les réseaux sociaux et dans des interviews que l’islam était l’ennemi n°1, et il a défendu le refrain raciste « Le Congo est à nous » que chantaient les auteurs d’une agression raciste au Pukkelpop. Le reportage de Pano a pu exposer au grand jour une communication interne d’un racisme des plus nauséabonds, allant de « blagues » se moquant d’enfants africains mourant de dénutrition à un appel à une « guerre des races ».

Le sexisme. Ces deux dernières années, S&V a perturbé le « piquet des femmes » que les syndicats de l’Université de Gand organisent chaque année avec le département Genre & Diversité lors de la journée internationale des Droits des femmes le 8 mars. En 2017, Dries Van Langenhove, le leader de S&V, est intervenu pour appeler à la suppression des études sur le genre et la diversité. Lorsqu’il a rencontré le chef d’État dictatorial hongrois Viktor Orban, Van Langenhove a déploré le fait que les femmes flamandes s’intéressaient trop à leurs propres hobbys et carrière et bien trop peu à fonder une famille. Dans une interview publiée par le journal De Morgen , il a exprimé sa répugnance pour le droit au divorce. Dans les groupes secrets de S&V, les membres partagent des cartoons d’un sexisme obscène et glorifient l’idéal masculin machiste. Lors d’une interview vidéo avec Lana Lokteff, une figure de proue de l’Alt-right, Van Langenhove explique que, selon lui, les femmes n’ont pas leur place en politique. Le fait que S&V n’ait pas de membre actif féminin n’a donc rien de surprenant.

L’homophobie et la transphobie. C’est la réaction de Van Langenhove au coming-out de la journaliste flamande Bo Van Spilbeeck en tant que personne transgenre qui lui a valu sa première apparition sur une chaîne télé. Van Langenhove y critiquait vivement l’attention positive des médias et déclarait, contre toute évidence scientifique, que le fait d’être transgenre était contre nature. Dans le modèle classique homme-femme prêché par S&V, il n’y a aucune place pour la différence par rapport à la norme imposée : l’homme est solide et fort, il travaille et fournit le revenu, il est actif en politique ; la femme, elle, reste au foyer et s’occupe des enfants. S&V exalte le culte du corps de l’homme macho et l’homosexualité est ridiculisée.

L’antisémitisme. Ce qu’a révélé le reportage et qui restait encore en grande partie sous le radar, c’est l’antisémitisme de S&V. En cercle restreint, les juifs sont insultés, ridiculisés et accusés d’être impliqués dans toutes sortes de complots. L’Holocauste n’est pas nié, comme le font certains néonazis, mais purement et simplement approuvé. Lors d’un séjour à Paris, Louis De Stoop, un des leaders du groupe et suppléant de Van Langenhove au conseil d’administration de l’Université de Gand, a posé devant la tour Eiffel au même endroit et dans la même attitude qu’Adolf Hitler, pour ensuite poster fièrement les deux photos l’une à côté de l’autre dans le groupe secret. Mais S&V ne veut pas manifester son antisémitisme à l’extérieur, parce la connotation fasciste hitlérienne est très impopulaire et attire trop l’attention de la police et des services de sûreté. Après le reportage de Pano, Van Langenhove s’est d’ailleurs excusé auprès de la communauté juive, ce qu’il n’a pas fait pour les autres groupes et communautés contre lesquelles S&V propage la haine.

L’élitisme. Le fil rouge entre le racisme, le sexisme, l’homo/transphobie et l’antisémitisme est l’idée de la supériorité de certaines personnes par rapport aux autres. Ce liant idéologique, c’est l’élitisme : la justification et la défense de la reproduction de l’inégalité sociale, comme si l’inégalité n’était pas due aux oppositions de classes mais était une question d’ « intelligence innée ». C’est la haine exprimée par l’élite, ou de ceux qui veulent en faire partie, envers le peuple. L’idée centrale qu’une petite élite a naturellement le droit de diriger la société de manière autoritaire revient dans toutes les publications et interventions de S&V. Van Langenhove intervient ainsi dans le débat sur l’enseignement pour s’en prendre à l’égalité des chances et plaider ouvertement pour un système d’enseignement élitiste.

Le nationalisme. Pour faire passer toutes ces idées, S&V utilise le nationalisme, c’est-à-dire une image du monde basée sur les prétendues oppositions entre les différents peuples du monde. Le nationalisme gomme toute opposition sociale, comme l’écart entre les pauvres et les riches ou les intérêts opposés des travailleurs et des patrons. L’idée nationaliste que tout « peuple national » doit avoir son propre État va de pair avec la position anti-migration mais aussi avec l’idée élitiste que chaque peuple doit être dirigé par les « meilleurs », l’élite. S&V reprend le vieux nationalisme romantique du 19e siècle qui met l’accent sur l’histoire du peuple flamand mais aussi sur les Croisades au Moyen Âge (contre l’islam, bien sûr). Le nom de « Schild & Vrienden » et la date – l’année 1302 – qui figure sur leur T-shirts en sont des exemples : cette date fait référence aux « Mâtines brugeoises », lors desquelles des centaines de soldats français ont été tués par des insurgés flamands ;  s’ils n’arrivaient pas à prononcer « schild en vrienden », ils étaient passés par l’épée. À l’extérieur, S&V se présente comme un défenseur du nationalisme culturel, qui est appelé la Nouvelle Droite. Mais en interne, ils exaltent le nationalisme du « Blut und Bodem » –  le sang (la race, donc) et le sol – , qui n’est rien de moins que la théorie raciste nazie.

L’antisyndicalisme. Dans son projet élitiste et réactionnaire, S&V s’en prend régulièrement à la classe des travailleurs organisés. Les syndicats qui défendent les travailleurs contre les patrons, les exploiteurs et les puissants sont indésirables dans leur idéologie nationaliste. Les syndicats constituent depuis le début une des cibles favorites des fils de riches que sont les membres de S&V. À Gand, la S&V a déjà perturbé à plusieurs reprises des piquets de grève, entre autres de la SNCB. Le 1er mai, ils sont entrés en force dans le bâtiment de la FGTB et ont arraché un drapeau. Dans des vidéos de S&V, les syndicalistes qui mènent des actions pour les pensions, le pouvoir d’achat et les droits sociaux et syndicaux sont injuriés, provoqués et ridiculisés. En août 2018, ils ont même tenté de casser la grève des éboueurs de la société gantoise de collecte des déchets Ivago, mais ils ont renoncé après avoir ramassé deux sacs poubelles.

L’antimarxisme. Impossible de passer à côté du fait que S&V considère les marxistes comme l’ennemi principal, et le PTB est en première ligne dans leur viseur. Lorsqu’on veut une société fondamentalement inégalitaire et hiérarchisée, il faut évidemment d’abord affronter ceux qui luttent tous les jours pour l’égalité, la solidarité et la justice sociale. S&V a d’ailleurs été fondé après une marche de protestation organisée par des étudiants de gauche de l’Université de Gand contre Theo Francken en mars 2017. Un mois après la marche, le groupe Facebook secret de Schild & Vrienden a orchestré un raid (c’est-à-dire un envoi massif de messages d’intimidation par un groupe via les réseaux sociaux) contre les pages de Comac, le mouvement étudiant du PTB. Des personnes spécifiques, comme le président de Comac ou des membres qui prenaient ouvertement position contre Theo Francken, ont été personnellement visées avec entre autres des allusions à la manière dont le dictateur chilien Augusto Pinochet réglait leur compte aux communistes. Partout dans les villes universitaires, des membres de S&V ont placardé des autocollants avec des messages comme « Liever dood dan rood » (plutôt mort que rouge) ou « Maak komaf met Comac » (Éliminons Comac). En mai 2017, Naomi Stocker de Comac et l’activiste de gauche Yassine Boubout avaient déjà porté plainte à la police après que des menaces de mort avaient été collées sur la porte de leur kot.

La violence. Ce qui apparaît très explicitement dans le reportage de Pano et qui était bien connu de ceux qui suivaient un peu les faits et gestes de S&V, c’est la glorification de la violence en tant que moyen d’action politique. Après leur camp d’été de 2017, S&V a posté sur Facebook et Instagram des photos d’entraînements au combat avec des citations comme « Belle est la jeunesse (…) qui se bat pour ses idéaux » et « Nous ne reculerons pas d’un pas ». La « capacité au combat » physique que S&V exige de ses membres a un but politique, qui se manifeste de manière évidente lorsque ceux-ci perturbent des piquets de grève et des actions de protestation progressistes. Ce but va plus loin que la seule intimidation de travailleurs et activistes de gauche. Dans le reportage, on voit S&V aller faire des entraînements au tir en Europe de l’Est, Van Langenhove poser fièrement avec un fusil automatique et un autre membre montrer au groupe sa collection illégale d’armes à feu. « Le jour de la violence va venir, et je sais quel camp sera prêt et lequel ne le sera pas », écrit Van Langenhove à ses troupes. Il appelle aussi à une « guerre des races ». Le culte de la violence est caractéristique de l’extrême droite, et c’est aussi pour cette raison, outre l’incitation à la haine et à la discrimination, que le parquet a entamé une enquête. Il semblerait que S&V ait enfreint l’interdiction de créer une milice privée.

Il existe de fortes similitudes entre cette « check-list » de Schild & Vrienden et la célèbre liste des 14 caractéristiques communes à tous les régimes fascistes établie par le politicologue Lawrence Britt en 2003 : d’un nationalisme forcené à l’identification d’ennemis/boucs émissaires servant de facteur d’unité, en passant par la protection de l’élite économique et l’oppression de la classe des travailleurs. Même sans les croix gammées secrètement affichées, les références à Hitler et les entraînements au combat révélés par le reportage de Pano, on peut constater sur la seule base des textes et images publiés par S&V à l’extérieur que ce groupe prône une idéologie d’extrême droite, néofasciste. Toutefois, S&V va également puiser ailleurs, à une autre source : celle du mouvement alt-right.

L’alt-right

Le terme alt-right (abréviation de « droite alternative ») a été inventé en 2016 par Richard Spencer, un néonazi américain. Profondément partisan d’un nationalisme lié au sol et au sang, Spencer est par ailleurs coutumier de la propagande nazie et s’est notamment illustré en faisant le salut hitlérien. Ses réelles intentions n’ont donc rien de secret, contrairement au concept même d’alt-right. En effet, le terme d’alt-right se veut beaucoup plus inoffensif que ceux de néonazisme, de fascisme ou d’extrême droite. Il entend exprimer le mécontentement d’Américains très orientés à droite par rapport à l’attitude trop modérée (selon Spencer) du parti conservateur républicain. Une kyrielle de petits blogs et sites Internet d’extrême droite n’ont pas tardé à se réclamer de l’alt-right.

Comme le souligne le Pr Ico Maly dans son livre Nieuwe Rechts (la Nouvelle Droite), la force de ce mouvement tient à sa capacité à avoir fédéré, via les réseaux sociaux, toute une série d’individus isolés à travers le pays (puis le monde), ce qui a naturellement augmenté sa capacité d’organisation et sa potentielle force de frappe politique. Les points de vue les plus extrêmes s’échangent dans des groupes de discussion en ligne fermés dont les membres s’influencent mutuellement. L’« humour » a également toute son importance. Les membres de l’alt-right diffusent sur différents forums tels que 4chan, 8chan, Reddit, ou encore sur Facebook ou Twitter, des « blagues » d’inspiration d’extrême droite. Ils voient quels utilisateurs réagissent positivement et les invitent alors à rejoindre les groupes fermés. Ils véhiculent de préférence leur message via des « mèmes », à savoir des illustrations assorties d’un texte qui sera éventuellement remplacé par d’autres propos. L’exemple le plus connu de mème est celui de Pepe the Frog. Cette grenouille qui, à l’origine, se contentait de raconter des blagues, a été reprise par l’alt-right afin de propager ses messages racistes les plus violents. En s’exprimant par la voix de Pepe, les membres de l’alt-right opposent l’argument de l’« humour » à toute critique éventuelle.

La montée en puissance fulgurante de l’alt-right, à partir de 2016, ne part pas de rien. Elle s’inscrit dans un contexte qui a pris des années pour s’établir. C’est en novembre 2008 que Spencer imagine le terme d’alt-right, après avoir assisté à une conférence de l’idéologue ultraconservateur Paul Gottfried. Peu après, il crée un site internet qu’il baptise AlternativeRight.com. Il y publie essentiellement des essais au sujet des théories de la Nouvelle Droite, dont se réclament des philosophes français de droite tels qu’Alain de Benoist et Guillaume Faye. Au lendemain de la vague progressiste mondiale de 1968, ceux-ci ont élaboré des stratégies visant à rétablir, petit à petit, la domination de la pensée fasciste d’antan, fortement mise à mal après la Seconde Guerre mondiale et d’autres événements tels que les défaites françaises au Vietnam et en Algérie ou encore les manifestations estudiantines des années 1960. Non sans un certain cynisme, la Nouvelle Droite s’inspire notamment d’Antonio Gramsci, philosophe italien à l’origine du concept d’« hégémonie culturelle ».

La guerre de position de la Nouvelle Droite

L’hégémonie culturelle s’apparente à une conception du monde dominante au point que ses principes semblent relever du sens commun. En son temps, Gramsci avait attiré l’attention sur la domination de l’idéologie de la classe capitaliste au pouvoir dans le monde occidental et invité la gauche à mener une « guerre de position », en déconstruisant progressivement les idées de l’establishment. La Nouvelle Droite s’est emparée de ce concept de guerre de position en l’opposant à la pensée sociale-démocrate devenue majoritaire au lendemain de Mai 68 et de la victoire contre le fascisme. Dans leurs essais, les philosophes du mouvement s’attaquent point par point à de grandes idées telles que les droits humains, la démocratie libérale, la redistribution des richesses ou encore l’idée de la paix. Alain De Benoist, fondateur et leader de la Nouvelle Droite, appelle « métapolitique » cette stratégie visant à ne pas soi-même assumer de fonctions politiques, mais à influencer le débat politique de l’extérieur par le biais d’un combat idéologique. Aux anciennes théories raciales fascistes, trop connotées, De Benoist préfère la notion d’« ethnopluralisme », soit l’idée selon laquelle le monde devrait se composer de peuples mono-ethniques disposant chacun de leur propre territoire. Exclus, donc, les principes de diversité ou de multiculturalisme.

Dans cette lutte idéologique, les ennemis sont les soixante-huitards, les élites de gauche ou encore les « marxistes culturels », dont la Nouvelle Droite estime le discours prédominant dans l’enseignement, dans les médias et en politique. Le « marxisme culturel », adaptation moderne du terme nazi de « bolchevisme culturel », fait parler de lui suite au meurtre, en 2011, de 77 jeunes socialistes par le terroriste scandinave Anders Breivik. Avant de perpétrer son attentat, il avait rédigé un manifeste de 1 518 pages où il imputait aux « marxistes culturels » et à « leurs sœurs féministes » la responsabilité d’une Europe affaiblie face à la « menace islamiste »1. Spencer s’empare lui aussi de ces principes de métapolitique, d’ethnopluralisme et de marxisme culturel et se définit comme un « identitaire » et un « nationaliste blanc ». Il relaie également les théories antiféministes du philosophe américain Julius Evola. Pour toucher le grand public, il peut compter sur le soutien financier illimité du multimillionnaire de droite William Regnery2. L’alt-right est désormais en marche. La guerre de position métapolitique peut commencer. D’autres personnalités prennent le train en marche, comme le très controversé Milo Yiannopoulos qui n’hésite pas à remettre en question, au nom du rejet du « politiquement correct », des principes tels que l’égalité, les droits des femmes, voire le consentement mutuel en matière de sexualité. Steve Bannon, quant à lui, apporte au mouvement une visibilité essentielle grâce à son site Breitbart News, qui devient l’organe de presse officiel de l’alt-right.

Le timing ne doit rien au hasard. C’est en effet en 2008 qu’éclate la crise financière, révélant par la même occasion la faillite morale du capitalisme néolibéral de casino. La promesse néolibérale qu’une crise de la surproduction se résoudrait grâce à des économies, des privatisations, des réductions d’impôts sur la richesse ou encore des incitations à l’achat à crédit se révèle creuse. Et la colère vis-à-vis du système gronde de plus en plus. Pour les sympathisants de droite de la métapolitique, le contexte est idéal pour trouver des boucs émissaires qui feront les frais du mécontentement populaire et alimenter ainsi la guerre de position. Le mouvement conservateur du Tea Party est le premier à se déclarer opposé à l’establishment, tout en bénéficiant du soutien financier des milliardaires David et Charles Koch. Martin Kitchen est un historien canadien auteur d’une étude fondamentale sur le fascisme et toute la littérature à ce sujet. Observant que le fascisme émerge lors de périodes de crises socio-économiques et d’incertitudes, il suggère que les mouvements fascistes ont pour but d’empêcher le développement d’une alternative de gauche dans ces circonstances. Cela expliquerait leur obsession d’anéantir syndicats et marxistes.3

Steve Bannon ou la percée politique de l’alt-right

Si Richard Spencer peut être considéré comme le père de l’alt-right, c’est toutefois à Steve Bannon que le mouvement doit son succès. Steve Bannon débute sa carrière en tant que banquier chez Goldman Sachs, l’une des principales banques d’affaires au niveau mondial, liée de près ou de loin à de nombreuses personnalités politiques aux USA et dans l’Union européenne. Dans les années 1990, devenu millionnaire, il se met à produire ses propres films de propagande destinés à rafraîchir l’image des idées d’extrême droite, alors un peu éculées. Ces films forment la base de la ligne éditoriale du site polémique de droite Breitbart News qu’il contribue à fonder en 2007, puis dirige à partir de 2012. Si Bannon se limite initialement à la métapolitique, ses ambitions ne tardent pas à le rattraper. Il s’associe au multimilliardaire ultraconservateur Richard Mercer, qui investit 10 millions de dollars dans Breitbart News. Ensemble, ils se mettent à la recherche d’un candidat à l’élection présidentielle américaine de 2016, qui pourra diffuser encore plus largement leurs idées. Les deux hommes s’intéressent tout d’abord au républicain Ted Cruz. Mais ils jettent bien vite leur dévolu sur le bouillonnant milliardaire Donald Trump. Mercer met à sa disposition les services de son entreprise Cambridge Analytica (dirigée entre autres par Steve Bannon), permettant à l’équipe de Trump de manipuler les réseaux sociaux à grande échelle. Steve Bannon finit par se retrouver à la tête de l’équipe de campagne de Donald Trump pendant les trois mois qui précèdent le scrutin, avec le succès que l’on connaît. Le 9 novembre 2016, Donald Trump est élu président des États-Unis.

Naturellement, l’alt-right exulte. Ce mouvement, né d’un phénomène marginal sur Internet et réunissant principalement de jeunes hommes frustrés et socialement isolés, s’est rapidement mué en une machine de propagande en ligne d’une redoutable efficacité. L’alt-right a contribué au succès de la campagne de Trump notamment en semant le doute dans les esprits par la diffusion de fake news, mais aussi en menant de véritables campagnes d’intimidation (« raids ») destinées à faire taire les voix progressistes. Une fois Trump élu, Steve Bannon devient le conseiller personnel du président à la Maison-Blanche, qu’il incite à créer le chaos (on pense par exemple à son décret migratoire anti-musulmans) afin de repousser encore un peu plus les limites du débat politique vers la droite. Pour Richard Spencer, il est temps de mobiliser pour la première fois l’alt-right en bonne et due forme. En été 2017, il organise à Charlottesville le Unite The Right Rally dont bon nombre des participants arborent des symboles rappelant le Ku Klux Klan ou le nazisme. Cette première action en live dérape. James Alex Fields Jr., sympathisant de l’alt-right, fonce en voiture dans un groupe d’opposants à la manifestation, tuant la jeune juriste et bénévole Heather Heyer et blessant 38 autres personnes.

Cette violence meurtrière, mais aussi les croix gammées et autres saluts hitlériens affichés à Charlottesville, dévoilent à de nombreux citoyens le vrai visage de l’alt-right. Dans les premiers instants, le président Trump ne parvient pas à condamner cette violence. Sous un flot de protestations, il finit toutefois par faire marche arrière et exclut Steve Bannon de la Maison-Blanche. Depuis, ce dernier s’emploie à diffuser sa stratégie pour le moins efficace auprès des partis d’ultradroite européens, en collaboration, entre autres, avec le Belge Mischaël Modrikamen, fondateur du Parti populaire (PP). Il a ainsi participé à un congrès du Front national français et se déclare par ailleurs à l’origine de la coalition entre le parti d’extrême droite La Lega et le mouvement Cinq Étoiles en Italie. « Rome est aujourd’hui l’épicentre de la politique mondiale », s’est réjoui Steve Bannon à l’annonce de la formation de ce nouveau gouvernement italien d’extrême droite. La recette du succès que Steve Bannon entend apporter aux partis européens comporte quatre ingrédients :

1. Obtenir le soutien d’une partie de la classe ouvrière, même si l’on a rien en commun avec les ouvriers. Se forger une image anti-establishment.

2. Présenter le nationalisme comme la solution aux grands problèmes de société. Présenter les crises démocratiques et sociales comme des conséquences de la perte de l’« autonomie nationale ».

3. Identifier un bouc émissaire situé tout en bas de l’échelle sociale, que l’on présentera comme la source de tous les problèmes, en l’occurrence les migrants et les réfugiés. Faire de la migration un sujet central et critiquer les autres partis pour leur laxisme politique en matière d’immigration.

4. Mener une campagne agressive, où tout est permis : fake news, intimidation, manipulation des médias, attaques personnelles, « trolling » sur les réseaux sociaux,… 4

Une fois au pouvoir, la Nouvelle Droite laisse apparaître son caractère élitiste. Steve Bannon et Donald Trump sont respectivement millionnaire et milliardaire. Fort de 10 milliards de dollars, le gouvernement qu’ils ont formé est lui-même le plus fortuné de l’Histoire. Et cela se ressent dans sa politique socio-économique axée sur les réductions d’impôts sur la richesse, les économies appliquées à la sécurité sociale, la dérégularisation du marché de l’emploi et du secteur financier, la suppression de règles environnementales trop coûteuses pour les entreprises… Les partenaires européens de Steve Bannon, Marine Le Pen et Mischaël Modrikamen en tête, proviennent eux aussi de familles riches de longue date. Le nouveau gouvernement italien prend quant à lui toute une série de mesures en faveur des travailleurs. Il prévoit notamment la création d’un revenu de base, conditionné toutefois à un détournement des lois sociales et à une obligation d’accepter certaines offres d’emploi. La mise sur pied d’une banque d’investissement destinée à subsidier les entreprises privées s’accompagne de l’introduction d’une taxe forfaitaire favorable aux grandes entreprises et aux riches. C’est le même refrain en Autriche, où le gouvernement d’ultra-droite entend instaurer la journée de travail de 12 heures, ou encore en Hongrie, sous le gouvernement autoritaire de droite de Viktor Orban. Le journaliste britannique Paul Mason décrit la politique nationaliste comme du « néolibéralisme appliqué à un pays »5.

Schild & Vrienden : l’alt-right en Flandre

Au début, S&V n’était lui aussi qu’un groupe Facebook fermé dont les membres s’échangeaient des mèmes. Lorsque S&V a acquis une existence officielle, un plus petit groupe de discussion secret a été créé sur Discord, un forum de « gamers » (joueurs de jeux vidéo). Certains membres de S&V ont contribué à la diffusion de ces mèmes via des pages telles que « Fiere Vlaemsche Memes », mais les plus extrêmes, tels que ceux que l’on voit dans le reportage de Pano, restent confinés au sein du groupe. Ces mèmes sont généralement des copies directes de ceux prisés par l’alt-right américaine. Dries Van Langenhove, le fondateur de S&V, reconnaît volontiers avoir participé en 2016 à un camp d’été de Génération Identitaire, un mouvement européen d’extrême droite destiné aux jeunes, visant à importer les tactiques de l’alt-right en Europe. Il y a notamment été question de « liker » et de partager abondamment des publications sur les réseaux sociaux afin qu’elles gagnent en importance dans les algorithmes de Facebook et de Twitter, donnant ainsi à penser à un internaute lambda que de nouveaux groupes de droite tels que S&V en Flandre font consensus. Cette perception s’accentue par le fait que les médias traditionnels n’hésitent pas à inviter Dries Van Langenhove sur leurs plateaux, ce qui lui confère petit à petit une authentique notoriété.

S&V vise clairement une trajectoire comparable à celle de l’alt-right. Dans le reportage réalisé par Pano, Van Langenhove affirme : « Ce que nous voulons, ce n’est pas devenir les leaders de demain, nous ne voulons pas définir la politique, mais nous pensons que la politique ne peut changer qu’en changeant la pensée des gens », faisant ainsi littéralement référence à la métapolitique de la Nouvelle Droite. Dans ce reportage, ont voit également la hiérarchie de S&V rencontrer le Premier ministre hongrois Viktor Orban, premier dirigeant « national-néolibéral » d’Europe. Van Langenhove admet volontiers que S&V attire davantage de sympathisants de la N-VA que de membres du Vlaams Belang, parti beaucoup trop emblématique de la vieille droite. On assiste également dans le reportage à des discussions internes sur la stratégie à adopter pour infiltrer la N-VA, exactement comme l’a fait l’alt-right dans le parti républicain aux USA. L’idole des jeunes de S&V n’est toutefois pas Donald Trump, mais bien Theo Francken. Officiellement, S&V a été créé pour assurer la sécurité lors de conférences du secrétaire d’Etat. Tout comme Donald Trump ne prend pas vraiment ses distances par rapport à l’alt-right, Theo Francken a difficilement trouvé les mots, au lendemain de la diffusion du reportage, pour se distancier de ses fans d’extrême droite. Il a ainsi défendu la présence d’un des leaders de S&V, Nick Peeters, sur la liste N-VA de sa commune de Lubbeek.

Pourquoi une telle inertie de la part de la N-VA ?

Mai 2017. Dylan Vandersnickt, vice-président national des Jeunes N-VA et membre de S&V, poste une caricature sur la page Facebook de Naomi Stocker. Cette membre de Comac a publié un message où elle indique que des membres de S&V ont placardé des menaces de mort sur sa porte et celle de son colocataire Yassine Boubout. La caricature postée par Vandersnickt, illustrant le viol de Naomi et le meurtre de Yassine, soulève une vague d’indignation. Naomi contacte la police ainsi que le fonctionnaire en charge du radicalisme à Termonde. Il faudra toutefois près de deux jours pour que Dylan Vandersnickt soit exclu du mouvement. Il déclarera par la suite avoir été protégé durant tout ce temps par le président des Jeunes N-VA Tomas Roggeman6. En avril de la même année, Comac publie également un dossier reprenant les noms de dizaines de membres de la N-VA adhérant à S&V, les mêmes que ceux qui font aujourd’hui parler d’eux. Suite à l’affaire Vandersnickt, la N-VA aurait pu exclure ces extrémistes7. Pourquoi ne l’a-t-elle pas fait ?

Des ténors du parti tels que Theo Francken, mais aussi Liesbeth Homans ou encore Annick De Ridder, ont certes condamné ce que montre le reportage, sans toutefois pouvoir s’empêcher de défendre les membres impliqués : « Ce sont des petits jeunes qui donnent leur avis », « Évitons la chasse aux sorcières », etc.8 La métapolitique façon Nouvelle Droite n’est pas étrangère à Theo Franken ni à une large majorité de la tête de la N-VA. Le parti a remplacé l’ancien nationalisme ethnique par un nationalisme culturel qui ne classifie pas les peuples en fonction de leur race, mais bien de leur culture, ce qui a pour effet d’accentuer indirectement le racisme. Bart De Wever et Theo Francken ne se montrent pas avares de petites déclarations aux relents racistes, notamment au sujet des jeunes Berbères ou Arabes, qu’ils atténuent un peu par la suite, repoussant ainsi, jour après jour, les limites du discours politique. Dans les médias, Theo Franken a admis connaître personnellement différents membres de S&V mais trouver « les racistes idiots ». Il ne semble donc pas tant critiquer le fond que la forme : « Ce n’est pas parce que vous vous montrez critique par rapport à la migration que vous devez déverser votre frustration sur des individus issus de la migration. Il faut arrêter. »

Dans le journal De Standaard (8/9/18), Marc Reynebeau souligne lui aussi la guerre de position à la Gramsci que mènent la N-VA et S&V : « En condamnant S&V, qui lui doit pourtant sa notoriété, ce que le secrétaire d’État Theo Francken (N-VA) dit en filigrane, c’est que la jeunesse flamande devrait davantage se défendre. Cette idée de défense est centrale chez S&V, qui l’entend comme la capacité à se protéger, par tous les moyens, contre un ennemi mortel – et on sait ce que S&V veut dire par là. Entre-temps, Theo Francken s’est approprié cette notion et la distille auprès du grand public. Il ne lui reste plus qu’à devenir la pensée majoritaire. » S’appuyant sur certaines idées clés que S&V s’emploie à propager (essentiellement le racisme, l’élitisme, le nationalisme, l’antisyndicalisme et l’antimarxisme), la N-VA développe aussi sa propre métapolitique. La position très dure de la N-VA sur les musulmans et les migrants est bien connue. Depuis que le parti siège au gouvernement fédéral, à savoir 2014, les attaques contre les syndicats sont incessantes. La N-VA a récemment émis son souhait de prendre en charge le ministère de l’Education, avec l’ambition d’y faire régner une politique élitiste au détriment de l’égalité des chances. Et l’on se souviendra qu’en 2016, Bart De Wever a qualifié le PTB de « déchet du 20e siècle »10. De tels exemples se multiplient à l’infini.

Par rapport à des sujets tels que l’égalité homme-femme ou les droits des personnes LGBT l’approche métapolitique de la N-VA est plus ambiguë. Il y a quelques années, Bart De Wever décidait à Anvers que les employés LGBT ne devaient pas afficher leur orientation sexuelle derrière le guichet11. En 2012, il affirmait qu’il n’y aurait « jamais autant de femmes que d’hommes pilotes car c’est un métier qui exige des connaissances masculines »12. Theo Francken, pour sa part, a suscité l’indignation en postant un article de lingerie pour hommes qu’il commentait en se demandant « où étaient les vrais hommes ». Ces derniers temps, Francken, De Wever et d’autres membres du parti ont cependant exploité la vision traditionnelle des femmes et des LGBT dans l’Islam comme argument contre la migration, thème qu’ils ont contribué à placer au cœur de la politique et de la communication de la N-VA. Encore un point commun entre le parti et S&V, qui explique pourquoi certains pontes de S&V restent les bienvenus sur les listes N-VA de communes telles que Lubbeek et Termonde. Difficile, en effet, de se fâcher avec de jeunes activistes qui partagent les idées de son parti.

S&V et le mouvement flamand
Cette symbiose informelle entre la N-VA et S&V s’inscrit dans la droite ligne des accointances traditionnelles entre la droite nationaliste et le mouvement flamand. Dans les années 1930, la Flandre comptait deux partis nationalistes flamands : la Ligue nationale flamande (VNV) et Verdinaso. Bien qu’ultraconservateurs tous les deux, Verdinaso est un mouvement ouvertement fasciste et violent, tandis que la VNV s’est présentée comme un parti démocratique jusque 1940. Sur le plan idéologique, les deux partis se retrouvent sur de nombreux points, mais l’un travaille au sein du système, tandis que l’autre reste en marge. Le ton très radical adopté par Verdinaso fait paraître la VNV plus modérée. Si l’ensemble du mouvement flamand, à peu de choses près, collabore avec les nazis durant la Seconde Guerre mondiale, un noyau dur restera fidèle aux théories fascistes par la suite. Une autre aile du mouvement préférera se battre pour la Flandre au sein de la démocratie libérale.
En 1950, le collaborateur Bob Maes (que Theo Francken a honoré de sa présence lors de son anniversaire en 2014, présence controversée que le secrétaire d’État continue de justifier)13 fonde l’Ordre des militants flamands (VMO), un service d’ordre qui vient en aide au mouvement flamand « démocratique » lors d’actions et de manifestations. Leurs derniers grands rassemblements ont lieu devant l’Université de Louvain, scindée en janvier 1968 à la suite d’un mouvement de gauche inspiré de l’esprit de Mai 6814. Il y a vingt ans, on jetait un voile pudique sur le nationalisme flamand, mais en coulisse son esprit reste bien vivant. Pour l’historien Bruno De Wever, frère de l’actuel président de la N-VA, et qui a donc grandi comme lui dans un contexte profondément nationaliste flamand, S&V ne fait rien de plus que mettre du vieux vin dans de nouveaux flacons. « Je ne peux pas mieux qualifier Schild & Vrienden. Ces nouveaux flacons, ce sont les réseaux sociaux, Internet, la mondialisation. Le vin, on ne le connaît que trop bien. Relisez la littérature d’extrême droite des années 1960-70. C’est la même aigreur, les mêmes blagues sur l’Holocauste. Les idioties que débitent les membres de Schild & Vrienden n’ont rien de neuf. Elles étaient tout simplement confinées auparavant dans les locaux des groupuscules d’extrême droite. Dans les années 1970, je voyais défiler tout ce que l’Europe occidentale comptait de nazis et de néofascistes au pèlerinage de l’Yser. Aujourd’hui, l’Europe de l’Est est aussi devenue le terrain de jeu de l’extrême droite, dont le réseau s’est étendu grâce à Internet et aux vols bon marché ».15
La N-VA est née en 2001 sur les cendres de la Volksunie, à l’instigation de quelques-uns de ses membres conservateurs. Elle doit en partie son essor à son positionnement en tant qu’alternative démocratique au Vlaams Blok/Belang, dont elle n’a toutefois pas hésité à accueillir des centaines d’anciens membres. Elle puise de toute façon ses racines dans les mêmes traditions nationalistes que le VB, notamment le pèlerinage de l’Yser. Tout comme la VNV et Verdinaso en leur temps, la N-VA et le VB se complètent à merveille. Au conseil communal d’Anvers, le bourgmestre Bart De Wever exploite ainsi régulièrement les positions extrémistes de Filip Dewinter pour faire passer ses propres politiques comme modérées. Comme le souligne Marc Reynebeau, « avec sa métapolitique, S&V n’invente rien. Filip Dewinter (Vlaams Belang) n’a jamais caché s’être inspiré du concept d’hégémonie de Gramsci. Il estime que son parti doit son succès à sa capacité à infuser la Flandre de sa vision de la migration ».16 Lorsque S&V (dont ni lui ni Bart De Wever ni Theo Francken ne peuvent ignorer le vrai visage) s’est proposé comme partenaire, la tentation a sans doute été trop forte d’appliquer une stratégie qui fait ses preuves dans le mouvement flamand depuis près de cent ans.
Sceptr, ou le Breitbart à la flamande
Dans la même logique que celle qui a mené à la création de S&V par la branche gantoise de l’Union des étudiants catholiques flamands (KVHV), le site d’information Sceptr, qui se présente comme le « Breitbart flamand », a été mis sur pied en 2016. Jonas Naeyaert, ancien président de la KVHV de Gand en est le rédacteur en chef, tandis que Dries Van Langenhove y a écrit les premiers articles portant sur la migration (le cheval de bataille de Sceptr). D’autres membres actifs de S&V tels que Michiel Vantongerloo et Nick Peeters y interviennent aussi depuis le début. Le site est alimenté financièrement et en personnel par l’hebdomadaire nationaliste flamand ’t Pallieterke et compte Theo Francken parmi ses fans de la première heure. Celui-ci partage en effet régulièrement des articles où Dries Van Langenhove présente sa politique sous un jour favorable. Le secrétaire d’État connaît par ailleurs personnellement le fondateur de S&V ainsi que d’autres membres de Sceptr, qu’il a côtoyés lors d’un dîner en 2013 ainsi qu’à d’autres occasions. Lorsqu’il traite ensuite ces personnes, qu’il connaît personnellement et dont il s’emploie avec tant d’ardeur à diffuser les articles, d’« idiots de racistes » dans l’émission De Afspraak, on reste perplexe…

1. http://www.dewereldmorgen.be/artikel/2018/09/07/niet-hitler-maar-breivik-is-het-model-voor-schild-en-vrienden

2. https://www.revealnews.org/article/meet-the-gop-insider-who-created-white-nationalist-richard-spencer/

3. Martin Kitchen, Fascism, 1976.

4. Sur la stratégie de Steve Bannon, voir aussi Peter Mertens, ‘De Keukenrevolutie #5 : Van extreemrechts in Italië tot alt-right in Europa’, 5 juin 2018, https://youtu.be/zVIJPue3OyQ

5. https://www.newstatesman.com/politics/elections/2018/05/what-new-coalition-means-italy-and-why-it-matters-left-britain

6. https://www.vrt.be/vrtnu/a-z/de-afspraak/2017/de-afspraak-d20170522/

7. https://pvda.be/artikels/schild-vrienden-n-va-wist-van-niets-feiten-tonen-iets-anders

8. https://www.demorgen.be/politiek/voor-n-va-is-kwestie-schild-vrienden-afgehandeld-b6d2399a/

9. Voir par exemple Paul Goossens, ‘De nieuwe schoolstrijd’, De Standaard, 8 septembre 2018

10. https://www.youtube.com/watch?v=QgtDjiylpZQ

11. ‘Bart De Wever verbiedt “homokledij” achter loket’, Het Laatste Nieuws 2 février 2013, https://www.hln.be/nieuws/binnenland/de-wever-verbiedt-homokledij-achter-loket~a2671673/

12. https://www.knack.be/nieuws/mensen/bekende-mannen-over-vrouwen-ik-bewaar-nog-meer-afstand-van-vrouwen-dan-van-mannen/article-normal-538345.html

13. Matin Première de la RTBF, 7 septembre 2018

14. Herwig Lerouge et Olivier Goessens, ‘De Commune van Leuven’, in LAVA 4, printemps 2018

15. Jan-Frederik Abbeloos en Wouter Woussen, ‘De scherven vliegen tot bij Theo Francken’, De Standaard, 8 septembre 2018

16. Marc Reynebeau, ‘Als extreemrechts het euh … cultuurmarxisme omarmt’, De Standaard, 8 septembre 2018

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