Est-ce que De Wever veut transformer la Grèce en énorme camp de réfugiés?

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Dans une interview pour l’émission Terzake (VRT), Bart De Wever s’en est vertement pris à la Grèce, qu’il juge responsable de la crise européenne. Selon le président de la N-VA, la Grèce aurait dû retenir les réfugiés, et il voit positivement la fermeture de la frontière entre la Macédoine et la Grèce. Une vision des choses qui ne fera qu’empirer la situation.

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Auteur : Max Vancauwenberge

1. Francken est incapable d’en enregistrer 250 par jour mais la Grèce devrait en enregistrer 2000 ?

35 476 demandes d’asiles ont été introduites en Belgique en 2015. Un record ? Non, en 1999 nous en accueillions 35 778 et 42 691 en 2000. Cela représente 2 demandes d’asile pour 1000 habitants.

Bart De Wever affirme que 110 000 réfugiés sont arrivés en ce mois de janvier. Commençons par préciser que 110 000 réfugiés sont bien arrivés en Grèce, mais sur la période couvrant les deux derniers mois et non pas seulement le mois de janvier. Mais soit, si la Grèce avait du enregistrer ces 110 000 réfugiés, cela représenterait 10 demandes d’asile pour 1000 habitants rien qu’en 2016.

En janvier, 2186 réfugiés arrivaient chaque jour sur les côtes grecques. En Belgique, la plus importante arrivée de réfugiés en 2015 a été de 6830 pour tout le mois de septembre. L’équivalent de 3 jours en Grèce. Le secrétaire d’État à l’Asile et la Migration Theo Francken (N-VA), alors complètement dépassé par la situation, disait être incapable d’enregistrer plus de 250 réfugiés par jour. Comment Bart De Wever peut-il reprocher à la Grèce d’être incapable d’enregistrer 2186 réfugiés par jour alors que le secrétaire d’Etat à l’Asile et à la Migration de son propre parti est incapable d’en enregistrer 250 ?

2. Un million de réfugiés en Grèce ?

Début août, face à l’arrivée des réfugiés, le Premier ministre Alexis Tsipras prévenait déjà que « ce problème nous dépasse. La Grèce est un pays qui subit une crise économique et fait face à une crise humanitaire dans la crise. »

L’Union européenne a mis près de deux mois à réagir et annonçait le 22 septembre qu’elle était arrivée à un accord pour répartir 160 000 réfugiés parmi les différents États membres. 160 000 réfugiés sur le million qui est arrivé, c’est 1 sur 6. Même sur ces 160 000 réfugiés, seuls 598 seront finalement répartis. La Belgique, qui a promis d’accueillir 3798 de ces 160 000 sur 2 ans, en a accueilli jusqu’à présent 14.

La Grèce, qui fait déjà face à l’une des crises budgétaires les plus graves en Europe, aurait-elle dû accueillir un million de réfugiés sur son sol ? Et laisser le reste de l’Europe la regarder ?

3. Le plan de De Wever, c’est l’anarchie et la loi de la jungle

Monsieur De Wever raconte la même histoire depuis le cours qu’il est venu donner à l’université de Gand le 22 septembre dernier : « Les réfugiés doivent être accueillis dans leur propre région, principalement en Turquie. Ceux qui décident de ne pas rester en Turquie pour venir en Europe ne sont plus des réfugiés de guerre mais des migrants économiques. » Selon lui, bloquer les réfugiés en Grèce les découragera de venir en Europe.

Mais où iront-ils s’ils ne viennent pas en Europe ? Au Liban, qui accueille déjà plus d’un million de réfugiés, soit l’équivalent du quart de leur population et où les autorités n’ont rien mis en place pour leur accueil ? Ou alors en Turquie, où ils sont nombreux à devoir travailler illégalement afin de pouvoir subvenir à leurs besoins, mais pour deux fois moins que le salaire légal et où 485 000 enfants syriens ne sont plus scolarisés ?

Ils continueront à tenter leur chance en Europe, parce que travailler illégalement en Europe vaudra toujours mieux que rester dans un camp de réfugiés géant. Ils se verront simplement obligés de faire appel aux passeurs pour passer la frontière entre la Grèce et le reste de l’Europe, où ils seront une nouvelle fois exploités par des employeurs peu scrupuleux et des marchands de sommeil.

Avec Bart de Wever, non seulement il y aura toujours autant de réfugiés, mais nous ne saurons plus combien, nous ne saurons pas où ils sont, nous ne pourrons pas les répartir équitablement, nous ne pourrons pas les intégrer, etc. Le plan de Bart De Wever, c’est l’anarchie et la loi de la jungle.

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