Cologne : Nous sommes tous en état de choc, mais à propos de quoi, en réalité ?

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Le chroniqueur progressiste allemand Jens Berger a écrit cette carte-blanche à propos des agressions de femmes commises à la veille du nouvel an à Cologne. Ce genre d’agressions n’a rien de neuf, affirme-t-il. Mais elles sont de plus en plus fréquentes. Généralement, ce ne sont toutefois pas des femmes des beaux quartiers qui en sont les victimes, mais des femmes des quartiers populaires. Et, dans ce cas, cela ne fait guère de bruit.

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Auteur : Jens Berger

Lors du réveillon du Nouvel an, selon toute vraisemblance, quelques dizaines d’hommes d’origine nord-africaine on dépouillé, menacé, harcelé et même violé un certain nombre de femmes. Des délits immondes, et qui n’ont rien de neuf. Aussi est-il très bizarre que la police et le pouvoir soient si étonnés par ces incidents…

Des déclarations de témoins et de victimes des incidents de Cologne à la veille du Nouvel an, nous pouvons déduire que la façon de procéder des auteurs n’a rien d’inédit. La victime est entourée par un groupe et, ensuite, dépouillée ou agressée. À Cologne, surtout, la police connaît bien ce genre de phénomène. Généralement, les suspects sont jeunes et, selon le ministère de l’Intérieur, d’origine nord-africaine.

Ils opèrent systématiquement en groupe. Vu que le droit pénal allemand n’autorise aucune sanction collective et que la victime ne peut désigner d’agresseur bien précis, les « suspects » restent donc généralement impunis. Lorsqu’on lit dans les médias les déclarations des victimes et des témoins sur les incidents de Cologne, il s’agit précisément de ce qui s’est passé durant les fêtes de fin d’année.

Que l’on puisse se faire dépouiller à proximité de la cathédrale de Cologne à la veille du Nouvel an n’a rien de surprenant. La différence avec la criminalité quotidienne « normale » était que, pendant la fête même, les auteurs étaient sous l’influence de l’alcool et qu’ils étaient devenus plus agressifs sur le plan sexuel.

Cependant, généralement, ce genre d’incidents ont lieu dans les quartiers plus démunis et les victimes font partie de la même classe sociale que les auteurs. Mais cela ne suscite aucun intérêt : ni du politique, ni des autorités, ni des médias.

Les faits du réveillon du Nouvel an se sont toutefois produits en un endroit très public, souvent visité par des gens que l’on situerait plutôt dans la classe moyenne ou dans les classes supérieures. Et voilà que le politique parle d’un coup d’une « nouvelle dimension du crime organisé » et que toute la ville est « en état de choc ». Ces méfaits, qui ne sont pas neufs, choquent beaucoup de gens, brusquement, parce que, maintenant, ce ne sont pas les classes inférieures, mais la classe moyenne et les classes supérieures qui font partie des victimes potentielles.

Il est particulièrement malhonnête d’associer désormais les événements de Cologne à la politique allemande des réfugiés. D’après l’état actuel des choses, les suspects n’étaient ni des réfugiés ni des demandeurs d’asile, mais des membres du crime organisé.

Un débat de société très important est sans nul doute nécessaire pour en arriver à comprendre pourquoi quelques immigrés sont incapables d’avoir prise sur leur existence et dérivent vers le crime organisé. Mais ces questions ne sont pas posées.

On pourrait se demander aussi pourquoi la police ne parvient pas à assurer la sécurité des espaces publics dans le centre même de Cologne, ce qui est pourtant sa première tâche. Avant non plus, la police de la ville n’est pas parvenue à maîtriser les bagarres entre « hooligans et salafistes ». Il s’agissait alors d’entre 3 000 et 5 000 voyous violents et non d’un petit nombre de jeunes Nord-Africains.

Quand on lit maintenant que même des agentes de police en civil se sont faites agresser sexuellement lors du réveillon du Nouvel an et que leurs collègues s’en sont trouvés « profondément attristés », mais qu’ils ne sont naturellement pas parvenus à intervenir avec la détermination nécessaire contre les auteurs, on se demande s’il ne s’agit pas d’une question de négligence ou même si cette situation n’a pas été créée intentionnellement.

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