Comment l’intervention belge en Libye a aggravé la crise des réfugiés

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D’après Jan Jambon (ministre de l’Intérieur, N-VA), nous ne devons « pas seulement combattre les conséquences, mais surtout la cause en Libye, au Niger et autres ».

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Auteur : Marc Botenga

Les gens fuient la guerre en masse. Une partie importante de la cause se situe dans la déstabilisation de l’Afrique par la guerre contre la Libye à laquelle la Belgique a participé en 2011. En mars 2011, la Belgique, au sein d’une coalition internationale, est entrée en guerre contre la Libye. Tous les partis belges, à l’exception du PTB, se sont prononcés en faveur de cette guerre. Officiellement, il a été affirmé qu’une intervention était nécessaire si on voulait empêcher un massacre. On a prétendu que le colonel Kadhafi se préparait à une hécatombe dans la ville de Benghazi. Seule une guerre pouvait empêcher la chose. Les résultats de l’intervention ont été dramatiques. Six mois plus tard, on pouvait lire dans The Guardian qu’avant l’intervention humanitaire, le nombre de victimes se situait entre 1 000 et 2 000, et qu’après cette intervention, il était de 10 000 à 50 000 ! Les rapports d’Amnesty International concernant la période de l’après-guerre ne laissent subsister aucun doute sur les « aléas de la guerre » : les rebelles se sont lancés dans une traque des Africains noirs et la chute de Tripoli a marqué le début de toute une série de lynchages contre les anciens partisans (réels ou supposés) de Kadhafi.

La Libye est devenue la proie de bandes armées. Aujourd’hui, deux gouvernements contrôlent chacun une partie du pays et prétendent tous deux être le seul « gouvernement officiel ». De même, l’État islamique et d’autres groupements terroristes ont eu les coudées franches. Les armes livrées aux rebelles on fait leur chemin dans le reste de l’Afrique. Selon les Nations unies, des groupes dans douze  pays d’Afrique ont reçu aussi bien des armes lourdes que des armes légères. Des rebelles radicaux ont utilisé ces armes entre autres pour déstabiliser le Mali. Mais le groupe terroriste Boko Haram, au Nigeria, aurait grandement tiré parti lui aussi des conséquences de la guerre belge en Libye. Si Jambon parle des « causes », il ferait donc beaucoup mieux, surtout, d’orienter la politique étrangère vers d’autres horizons.

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