Face aux drames humains en Méditerranée : commémoration d’indignation et de révolte

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Un nouveau drame humain s’est produit en Méditerranée. Personne ne sait exactement combien de réfugiés ont perdu la vie, mais leur nombre est de plusieurs centaines. Ce qui confirme une fois de plus le statut de la Méditerranée en tant que « voie migratoire la plus mortelle au monde ». Une commémoration d’indignation est organisée ce lundi 20 avril à 17h, Place du Luxembourg à Bruxelles. 

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Auteur : Ivo Flachet

On attend toujours une véritable réaction de la part des responsables européens. De même, les propos du secrétaire d’État à l’Asile et à la Migration Theo Francken (N-VA) (« Il n’y a pas de solutions faciles pour éviter ce genre de drame ») laissent pantois. Pourtant, la politique d’asile et de migration est définie entre autres par le Conseil des ministres, constitué des responsables politiques nationaux « compétents » en la matière.

Les spécialistes de la quasi-totalité des organisations humanitaires tirent la sonnette d’alarme. Ils dénoncent la politique de l’UE qui ne se concentre que sur le renforcement quasi militaire des frontières extérieurs de l’Europe et sur la dissuasion des réfugiés, au lieu de se pencher sur le sauvetage de vies humaines et l’application du respect du droit d’asile. François Crépeau, rapporteur à l’ONU des droits de l’homme des migrants, déclarait encore récemment à ce propos : « C’est précisément en se concentrant sur le contrôle frontalier que l’Europe a perdu le contrôle de ses frontières extérieures. Le contrôle se trouve désormais aux mains des trafiquants d’humains. »

Ces quinze dernières années, on estime que 22 000 personnes ont ainsi perdu la vie par noyade. En 2014, elles étaient 3 400. Cette année, ce seraient déjà au moins 1 500 migrants qui seraient morts de cette façon.

Dans leur tribune EU’s Approach to Migrants: Humanitarian Rhetoric. Inhumane Treatment (L’approche des migrants par l’UE : rhétorique humanitaire, traitement inhumain)1, Judith Sunderland et Bill Frelick de Human Rights Watch dénoncent le double discours des dirigeants européens. « La politique problématique de l’UE se concentre surtout sur le renforcement des frontières et la dissuasion de quitter l’Afrique du Nord et autres régions, au lieu de miser sur l’amélioration des systèmes de recherche et de sauvetage et la créations de voies d’accès sûres et légales », écrivent-ils. En ces temps de crises humanitaires extrêmes dans le monde entier, la politique européenne s’inspire plus d’une tentative cynique de réduire le nombre de réfugiés plutôt que de préoccupations humanitaires.

Bart Eeckhout, éditorialiste du quotidien flamand De Morgen, déclare à juste titre que cette politique européenne est « une responsabilité partagée par tous les chefs de gouvernement du Conseil européen, qui pensent qu’il n’y a pas de crise des réfugiés tant que des réfugiés ne débarquent pas dans leur propre pays ».

De plus en plus, on confond politique efficace de la migration avec une diminution de l’octroi de l’asile et une hausse des chiffres d’expulsion. Eeckhout conclut : « La crise humanitaire quotidienne en face des côtes italiennes et grecques est la conséquence fatale de ce mode partial de réflexion. »

Des mesures immédiates sont nécessaires pour mettre un terme au drame humain permanent qui se déroule en Méditerranée. Les migrants doivent être traités avec décence et respect et en leur permettant l’accès à des procédures d’asile honnêtes. Conformément au droit international, il est absolument interdit de renvoyer des personnes dans des endroits où elles courent le risque d’être poursuivies ou traitées de façon inhumaine. L’actuelle politique de l’UE va manifestement à l’encontre de ces lois internationales. C’est à juste titre que de plus en plus d’organisations réclament un revirement total dans la politique de la migration de l’UE ainsi que la suppression de la politique « Frontex ».2 Le point de départ doit être celui-ci : le sauvetage de vies et le respect des systèmes internationaux de protection et des conventions portant sur les réfugiés.

En moins d’une semaine, plus de 1000 réfugiés noyés… Ça suffit !

Le PTB et d’autres organisations appellent à une commémoration d’indignation et de révolte contre l’hypocrisie de l’Union Européenne forteresse qui verse des larmes mais qui est pourtant responsable de ces drames humains.

  • « Nous invitons toute la population à se rassembler, ce lundi 20 avril à 17h, Place du Luxembourg. Nous porterons un masque blanc, nous viendrons avec une fleur ou une bougie pour représenter chaque vie humaine perdue à la porte de l’Europe. Ces hommes, ces femmes, ces enfants ne sont plus des migrants, ils sont morts…  Parfois, personne n’a de mots pour une telle nuit de terreur sombre, noire, menaçante. Se taire est trop douloureux »
  • RDV : Place du Luxembourg 1050 Bruxelles ce lundi 20 avril à 17h
  • Event facebook

Organisé par : Front d’Actions des Migrants, PTB groupe migration ‘Amitiés sans frontières’…

1 http://www.hrw.org/news/2015/04/15/eu-s-approach-migrants-humanitarian-rhetoric-inhumane-treatment.

2 http://www.frontexit.org/fr.

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