Des réfugiés “Lampedusa” ont marché pour la solidarité, de Bruxelles à Anvers

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Ce weekend des 14 et 15 février, une marche de sans papiers est organisée, de Bruxelles à Anvers, par le front d’action des migrants qui regroupes diverses organisations (Mensen zonder papieren, Mrax, Crer, KidsParlement). Ils défendent la régularisation sur base de critères clairs et permanents. Le PTB soutient cette initiative ambitieuse.

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Date : 13 février 2015

Auteures : Riet Dhont et Lizz Printz

Les moments forts 
La marche a démarré samedi matin à 8 heures à Bruxelles pour arriver dimanche à 19 heures à Anvers. Les marcheurs ont fait divers arrêts tout au long de la route, comme à la Caserne Dossin (camp de concentration lors de la Deuxième Guerre mondiale) à Malines samedi ; une visite du fort de Breendonk, symbole de la lutte antifasciste, dimanche matin et l’après-midi, à Hoboken, un hommage rendu aux inconnus 1 et 2 retrouvés morts dans les sacs de cacao d’un bateau en provenance de Cote d’Ivoire et arrivé au port d’Anvers il y a 20 ans.. Retrouvez en bas de cette page le programme complet.

Délégation du PTB 
Une délégation du PTB a pris part à la marche. Les députés bruxellois Michael Verbauwhede et Youssef Handichi étaient parmi eux, accompagnés d’une délégation de jeunes de Comac, le mouvement de jeunes du PTB. Michael Verbauwhede a témoigné en retrant sur Facebook : « De retour de la marche des sans-papiers. J’ai fait un bout de chemin avec ces courageux qui vont de Bruxelles à Anvers pour sensibiliser la population belge à la cause des sans-papiers. Car comme le dit un de leurs calicots : “on n’est pas de profiteurs, on est des travailleurs”. Sincèrement ému par l’ambiance et la solidarité. Bravo à eux. » A Hoboken, Mie Branders (conseillère communale PTB à Anvers) et une équipe de Médecine pour le Peuple Hoboken les ont accueilli avec applaudissements.

Photos

L’appel à l’action du Front des migrants

« Elles sont encore collées sur la rétine, les images des migrants sur des cargos surchargés, prêts à couler. En décembre encore, en moins d’une semaine, deux cargos, chargés de plus de mille réfugiés, sont partis à la dérive, abandonnés par leurs équipages. Avec, en 2014, plus de 3000 naufragés connus, la Méditerranée est devenue la ‘mer de la mort’ !

C’est une catastrophe humanitaire, indigne de notre société humaniste. Une fois arrivés en Europe, les gens commencent une quête interminable pour trouver un logement, du travail, de la reconnaissance et une existence digne de ce nom.

Sans aucune perspective, car malgré le fait que dans le monde 50 millions de personnes ont dû quitter leur maison, village ou pays, en Belgique le nombre de demandes d’asile a baissée d’un tiers les 15 dernières années : en 2000, il y avait 42.000 demandes, aujourd’hui il n’y en a plus que 15.000. Et encore, une sur deux demandes est refusée, parmi lesquelles même des demandes de familles qui viennent de pays en guerre. En outre ceux qui, en danger de mort, s’enfuient pour échapper à la violence, la dictature et l’oppression, il y a les réfugiés économiques.  Des gens qui cherchent désespérément une vie décente, qui veulent plus que simplement survivre, qui veulent la liberté d’expression, un emploi convenable, des possibilités d’études pour leurs enfants.

La plus-value de ces personnes n’est à ce jour pas reconnue par le gouvernement.  Avec eux, nous sommes convaincus qu’ils peuvent effectuer du travail utile et nécessaire pour la société.

En plus, selon un rapport récent de l’OCDE (Organisation de Coopération et de Développement Économique), un immigré contribue en moyenne 3500 € par an au fisc.

Malgré cela, la politique actuelle du Secrétaire d’Etat à l’Asile et aux Migrations durcit les procédures de la reconnaissance, ne permet pas à tous les candidats d’épuiser toutes les procédures, multiplie les vols de repatriement, ajoute des pays discutables à la liste des ‘pays sûrs’ et veut modifier la loi pour pouvoir effectuer des perquisitions sans mandat.

C’est à cause de ces évolutions que les gens sans séjour légal se sont réunis dans un Front d’Action. Ils veulent appuyer leurs revendications et exiger la reconnaissance de leur plus-value, leur liberté et leur entière dignité humaine.  Ils veulent enfin pouvoir participer pleinement à la société et construire leur propre vie…

Aujourd’hui, 80 % des gens sans séjour légal ont épuisé tous leurs recours. Malgré la Convention de Genève et les directives européennes, des réfugiés de guerre et d’autres groupes vulnérables n’ont plus aucune protection.

La campagne de régularisation de 2009 était un pas dans la bonne direction, mais c’était une opération unique. 38.000 personnes ont été régularisées, mais des milliers sont restées sans réponse, sans tenir compte des nombreuses réponses négatives. La régularisation par l’insertion professionnelle est restée pour la plupart lettre morte.

Tout cela a obligé des dizaines de milliers de personnes de se mettre en mode « survie », cachés dans nos villes.

Nous demandons pour tous une régularisation basée sur 5 critères permanentes inscrites dans la loi et une procédure devant une commission indépendante.  Pour les mineurs, nous demandons une procédure séparée, axée sur leur vulnérabilité et leur intérêt spécifique.

Ces 5 critères sont :

1. La procédure d’asile longue (3 ans, y comprise la procédure devant le Conseil d’État) : c’est un critère avancé par le Collectif Mobilisation 2009 et ‘les Voix des sans-papiers’

2. La garantie de ne pas être renvoyé au pays d’origine : critère avancé par le Collectif des Réfugiés afghans et le groupe Ebola.

3. Avoir des liens sociaux durables en Belgique ou avoir des circonstances humanitaires exceptionnelles comme raison pour le demande de régularisation : critère avancé par le Collectif Mobilisation 2009 et ‘les Voix des sans-papiers’

4. Le fait d’avoir un projet pour une contribution sociau-économique en Belgique : critère avancé par le Collectif Mobilisation 2009 et ‘les Voix des sans-papiers’

5. Être gravement malade ou handicapé

Déroulement de la marche

Notre marche démarre devant le bâtiment occupé par ‘La voix des sans-papiers’, boulevard Léopold II à Molenbeek. Ce bâtiment est devenu depuis quelques mois le symbole de la situation et de la lutte des gens sans papiers.

Nous voulons présenter ces aspirations à l’archevêque Léonard et à l’évêque Bonny et demander leur médiation.  Les rencontres en cours de route avec des citoyens, les syndicats, les associations et les pouvoirs locaux sont aussi très importants.  Ces contacts peuvent mener à plus de compréhension et solidarité.

Aussi nous voulons dénoncer des violations semblables du passé contre les droits humanitaires.

C’est pourquoi nous nous rendrons pendant la marche à la caserne Dossin à Malines, à partir de laquelle des centaines de réfugies, juifs et tziganes, ont été mis au transport vers les camps d’extermination.

Le lendemain nous visiterons aussi le Fort de Breendonk ou des prisonniers politiques, des partisans et des résistants ont été enfermés et exécutés.

A Hoboken nous irons au cimetière où les premiers passagers clandestins morts en Belgique sont enterrés.  C’étaient ‘l’inconnu 1’ et ‘l’inconnu 2’, trouvés dans la cale du cargo Elise D, étouffés entre les balles de cacao.  Ils ont été enterrés il y a 20 ans, le 2 janvier 1995. »

Le Front d’Actions des Migrants (FAM) : collectif Mobilisation 2009, La Voix des Sans-papiers, Goupe Ebola, Collectif des Afghans, Mrax, Crer, Resf, Kids Parlement.

Trajet et programme :: Marche de Lampedusa… de Bruxelles à Anvers • Samedi 14 fevrier et dimanche 15 fevrier 2015

Samedi 14 fevrier

8h: Départ Occupation VSP (184c bd Léopold II) :
via Occupation Ebola ( Botanique- place Quetelet)

vers Vilvorde (11 Km)

11H – 12h: arrivée Vilvorde, soupe et tartines/fromage: salle à déterminer

12h –  16h: marche vers Malines, (14 Km)

par Eppegem, Zemst..

16h – 17h: visite de la Caserne Dossin, film d’indtrodcution, témoignage Simon Gronowski, UPJB,

petite casse-croûte et boisson par l’asbl. Salaam

17h: on va vers institut Scheppers pour souper

17h – 20h: souper/ faire la vaisselle/

20h: on va dans les  centres d’accueil pour dormir:

groupes de 100, de 50, de 30, de…

Dimanche 15 février

7h: réveil…

7h30- 8h30 ,petit déjeuner instituut Scheppers

8h30: depart vers Breendonk ( 10Km)

10h30 – 12h: accueil, café, visite à Breendonk, evenement de presse

12h – 13h: picknick, café… visite salle d’ exposition

13h: départ vers cimetière ‘ Schoonselhof’ Hoboken (15Km)

par Willebroek, Boom, Niel, Schelle, Hemiksem,

17h -18h: hommage aux ‘ Inconnu 1’ et  ‘Inconnu 2’ enterrés au cimetière, premiers réfugiés morts dans la mer…

18h20: tram vers Berchem Station Antwerpen

19h – 20h: marche dans la ville d’ Anvers (4Km)

20h – 2130: manger/ moment de clôture Anvers

Salle H.Geest

21h30 clôture et retour vers la gare Centrale d’Anvers

22h09 ou 22u17: train vers Bruxelles ( Charleroi)  arrivée 23h Bxl

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